Une institution au cœur de notre vie intellectuelle

Instituer un lieu culturel de première importance, cela ne se décrète pas. Librairie de fonds en lettres, sciences humaines et sociales, la Librairie Olivieri est tout également un espace de débats, de réunions, de rassemblements, de lancements, soit un lieu d’expression des enjeux et des sensibilités de la scène culturelle et littéraire. C’est une grande réussite !

J’apprends, par une information dans les quotidiens, que la situation, après plus de 25 ans, est devenue précaire. Non pas par incapacité à jouer le rôle attendu ou par désaffection pour les activités qui y sont montées, non ! Mais par la mise en quarantaine de la librairie et du Chemin de la Côte-des-Neiges par les travaux d’infrastructure menés par la Ville de Montréal.

Comme ce fut le cas pour le boulevard Saint-Laurent ou pour la rue Park, les travaux d’infrastructures publiques sont en train de tuer le tissu urbain et commercial en saignant des artères vitales qui alimentent notre vie citadine. Cette quasi mise à mort des rues commerciales, qui en temps normal dynamisent notre ville, se fait au nom de la nécessité.

La comparaison avec de grandes villes dans le monde laisse à penser qu’il y a une grande indifférence des pouvoirs publics montréalais à l’égard des commerçants ou boutiquiers qui participent à la qualité de la vie en ville.

Il reste qu’après deux épisodes prolongés de mise en quarantaine pour des travaux qui condamnent la rue à un blocus et lui donne une apparence de champ de mines, la librairie déclare une baisse de fréquentation et de chiffre d’affaires de 20 % et invite à fréquenter à nouveau ses lieux.

L’invitation, à laquelle je m’associe, c’est de reprendre la fréquentation de ce lieu qui nous a bien servis et qui constitue une institution intellectuelle dont la pertinence et le lustre sont d’autant plus précieux en raison de sa situation dans le voisinage immédiat de l’Université de Montréal.

La participation de la Librairie Olivieri à notre vie intellectuelle et culturelle se mesurerait dramatiquement pour l’Université et la ville si nous devions tourner la page, mais ce serait fatalement trop tard. Il y a des fois où la conjugaison au passé composé ou au conditionnel passé est de mauvais aloi.

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